Les Jeunes MR demandent de soulager la charge des infirmiers et renforcer les mesures de soutien au personnel soignant
Niveau de pouvoir :
Fédéral, FWB
Catégorie :
Affaires sociales / Lutte contre la pauvreté / Politique de la personne handicapée
État des lieux :
Les infirmiers et infirmières sont les piliers de nos hôpitaux. Sans eux, il n’y aurait plus personne pour pouvoir soigner les gens après opération, mais aussi les prendre en charge quand ils sont en attente avant de rentrer en bloc opératoire, les pansements, les toilettes des personnes en hôpital qui n’ont plus leurs moyens, … Bref, une multitude de choses importantes. Nous serons d’ailleurs dans la plupart des cas tous amenés à au moins une fois dans notre vie dépendre d’un infirmier ou d’une infirmière.
Aujourd’hui pourtant nous faisons face à un problème drastique : une pénurie d’infirmières et une difficulté à remplacer les départs à la retraite. L’UNAMUR estime d’ailleurs aujourd’hui un manque de 25 000 à 30 000 infirmiers en Belgique, avec aujourd’hui un âge moyen du personnel infirmier de 44 ans et plus de la moitié d’entre eux approchant de l’âge de la retraite. L’enjeu sera énorme car nous pourrions tomber dans un état où il serait un luxe de pouvoir se soigner. Le problème est qu’aujourd’hui le personnel infirmier de moins de 25 ans ne représente que 10 % des effectifs. En fait, plus de 30 % du personnel infirmier quitte la profession dans les 5 premières années, le problème pour les jeunes c’est surtout la réalité du métier, elles n’y sont pas préparées et leur accompagnement laisse à désirer une fois en hôpital, en cause le manque de temps des infirmières pour s’occuper de l’étudiante.
De plus le brevet des infirmières va disparaître petit à petit au profit d’un bachelier. D’ailleurs l’année 2026 devrait être la dernière année du brevet. L’inquiétude qu’il peut y avoir est le fait que le changement d’un brevet d’haute école à un bachelier universitaire, s’il n’est pas mieux valorisé, va avoir un effet négatif car le niveau de grade des études sera augmenté mais pour aucune amélioration apparente, réduisant alors le nombre d’étudiants susceptibles de prendre part aux études ou en tout cas d’y arriver à terme. Il faut donc réussir à ne pas tomber dans le piège d’une pénurie encore plus incontrôlée.
Le problème des horaires, effectivement les infirmières sont amenées à faire des nuits et des jours, néanmoins là où il y a un problème, certains hôpitaux obligent le personnel à avoir un prorata de nuit, mais certaines infirmières veulent faire des nuits, d’autres non. Certains hôpitaux ont déjà compris et créent alors une équipe de nuit et une équipe de jour par service, les jours ne font jamais de nuit et inversement, mais des hôpitaux s’entêtent à maintenir l’obligation du mélange, cela néanmoins dérègle complètement les cycles de sommeil et la fatigue s’accumule forcément à un moment.
La base du métier d’infirmière, aussi au-delà des soins, est d’être à l’écoute des patients et de pouvoir parfois les rassurer avant certaines opérations. Aujourd’hui, avec la pénurie, devant faire plus de charge de travail qu’il y a 10-20 ans, les infirmières critiquent aussi qu’elles n’ont plus ce lien avec les patients qui était pourtant ce qui faisait la beauté de ce métier.
En ce qui concerne les pensions, les infirmières suivent le régime normal, pension donc à 67 ans, la plupart des infirmières ne sachant pas travailler dans les conditions difficiles du métier jusqu’à 67 ans doivent souvent alléger leur temps de travail avec des mi-temps. Le problème : elles perdent de l’argent sur leurs pensions et le salaire chaque mois est évidemment plus petit au prorata du travail effectué. C’est pourquoi aussi dans un monde en évolution constante et avec des hausses des prix les jeunes infirmiers sachant ne pas pouvoir travailler à temps plein dans les conditions actuelles jusqu’à 67 ans font le choix d’une réorientation, cassant le turnover nécessaire.
Au-delà de tous ces problèmes, il n’est pas sans rappeler que les humains vivent de plus en plus longtemps. Nous aurions donc techniquement besoin de bien plus d’infirmières qu’avant. Pourtant aujourd’hui la pénurie devient trop grande et si on continue comme cela le métier d’infirmiers va aller tout droit dans le gouffre et la population avec.
Motivation de la proposition :
Si aujourd’hui je veux proposer des solutions dans le secteur infirmier, c’est parce que ma mère fait elle-même partie du personnel infirmier et j’ai eu l’occasion donc de voir depuis bien longtemps et en discutant avec elle et ses collègues que beaucoup de choses ne vont pas et parfois des choses aberrantes pouvant être améliorées sont observées aussi.
Elle me dit d’ailleurs toujours qu’elle a certainement le plus beau métier du monde selon elle et qu’elle a toujours eu plaisir à faire ce métier, mais aujourd’hui la triste réalité de la pénurie a modifié ses conditions de travail allant de mal en pis.
Aujourd’hui beaucoup d’infirmières ne savent pas et se demandent comment elles vont bien pouvoir arriver jusqu’à 67 ans sans avoir plein de problèmes de santé. Assez paradoxal, non, que le personnel qui nous soigne soit aujourd’hui tellement sous pression que certains tombent en mauvaise santé à cause de leur métier ?
C’est pour cela que je veux présenter plusieurs points pour tenter de trouver une solution à ces problèmes et, avec les jeunes MR qui poussent cela, je suis sûr qu’on peut réussir dans les années futures à rebooster le milieu médical et sauver le futur de notre pays sur ce plan-là.
Proposition concrète :
1 simplification administrative : digitalisation plus rapide et simplification de la paperasse, les infirmières ont alors plus de temps pour leur travail aux réelles choses importantes. Je pense notamment au contact perdu de plus en plus avec les patients.
2 conditions de travail : maintien de la pension à 67 ans mais aménagement de fin de carrière pour travail plus administratif et d’accompagnement des jeunes.
3 redorer le métier chez les étudiants : meilleur accompagnement des jeunes en stage, études d’infirmiers mieux relayées, nouveau bachelier qui va remplacer le brevet infirmier soit mieux reconnu, soutenir une position de mise en éveil dès le secondaire aux soins infirmiers, avec des discussions organisées en école avec des infirmières en position, des étudiantes et des professeurs en soins infirmiers. Il faut montrer la richesse du métier aux jeunes pour que plus décident de s’orienter vers ça.
4 flexibilité : permettre aux infirmiers de choisir s’ils veulent faire seulement des nuits ou seulement des jours, éviter l’obligation à chacun de faire des nuits sachant que les jeunes préfèrent faire des nuits pour les primes.